La Maison-Miroir est un espace construit en miroir sans tain qui en fonction de la lumière extérieure passe de la transparence au miroir. Il interroge la question du regard, de notre relation à notre propre image, de la disparition et forcément de la séparation.
Dans le miroir sans tain, il y a l’ idée d’une possibilité d’image, comme le présente Emmanuel Aloa dans “Penser l’image” : “pensée successivement dans sa transitivité transparente et dans son intransitivité opaque...”
Camille Laurens écrit dans “Cet absent-là”, : “Je te regarde et je te vois : tu es là et tu n’es pas là, tu es cet absent-là...Dans la vie, maintenant, quand je me promène, je suis attirée par les miroirs sans tain, les visages qu’on peut traverser.”
Les plans ont été réalisés par l’architecte Aldric Beckmann de Beckmann Nthépé Architectes (www.b-nt.biz/)
“Le plus de regard”, livre d’ Antonio Quinet me renvoie à ma fascination pour le film Fight Club de David Fincher et pour le Horla la nouvelle de Maupassant : ils sont hantés par la psychose, la présence envahissante de l’autre, le délire d’observation. Cette Maison- Miroir est anthropomorphe, mais c’est une absence, une humanité par défaut.
Georges Didi-Huberman dans “Ce que nous voyons, ce qui nous regarde” analyse l’expérience visuelle du grand cube noir de Tony Smith et propose entre la vision croyante et la vision tautologique une autre vision, celle qui regarde dedans. “Voir, quand voir c’est perdre”, il faut se résoudre à ce que le visible nous échappe, comme l’inconscient. La Maison-Miroir capte et rejette les images des spectateurs qui se trouvent dans et devant elle et se joue de la visibilité. Voir, être vu, voir sans être vu, voir l’autre voir, échapper à la vue, masquer, disparaître...Cela me rappelle le magnifique slogan de Présence Panchounette, collectif d'artistes actif de 1968 à 1990 : “Absence, exploit divin”.
Maquette au 1/10ème
Livre de plan
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